Culture du bambou

BAMBOU, L’HERBE D’ACIER !

Originaire d’Asie, le bambou est une herbe géante apparue il y a 200 millions d’années, à l’époque des dinosaures … Fantaisiste ou non, l’étymologie de son nom est pour le moins poétique. D’origine malaise, sa dénomination serait liée à ses propriétés physiques : en cas de combustion, l’air présent dans les cannes chauffe, se dilate et cause l’explosion des entre nœuds avec un bruit similaire à « BAM ! ». Ensuite, en s’échappant, l’air souffle « bouhhhh ».

D’UN POINT DE VUE BOTANIQUE

A la fois flexible et résistant, le bambou appartient à la famille des graminées (tout comme le maïs, le riz,  les céréales…), plus spécifiquement les graminées à tige ligneuses appelées Poacées. Dans le monde, on recense environ 2300 espèces de bambou appartenant à 75 genres.

Peu exigeant, il manifeste des grandes qualités d’adaptation environnementale. Il peut se développer sur une vaste gamme de sols, qu’ils soient pauvres en matières organiques ou riches en minéraux. Pour grandir, il nécessite ensoleillement et humidité, mais supporte néanmoins des conditions d’humidité très diverses (inondations, moussons, etc).

Dès lors, son aire de répartition est vaste : il pousse aujourd’hui de manière sauvage dans les zones tropicales, sub-tropicales, et tempérées de toutes les régions du monde, à l’exception de l’Europe et de l’Asie occidentale. Et il ne craint pas l’altitude puisqu’on le retrouve jusqu’à 3000 mètres d’altitude dans les forêts tropicales !

DES USAGES QUI SE DÉCLINENT À L’INFINI…OU PRESQUE

Cette « simple »herbe a de quoi faire pâlir de jalousie nos chênes et hêtres ! Souple, résistant à la traction, dure, écologique, renouvelable rapidement, se travaillant facilement, le bambou est utilisé en Chine et en Asie depuis des millénaires. De l’alimentaire à la construction, en passant par le textile et le mobilier, le bambou a aujourd’hui plus de 1500 utilisations connues. A tel point que les économistes estiment que la moitié des habitants de la planète bénéficie d’une part des recettes générées par l’exploitation commerciale du bambou, ou tout simplement de son utilisation en tant qu’aliment.

UNE HERBE QUI POUSSE PLUS QUE SON OMBRE !

Outre cette polyvalence d’usages, le bambou possède un avantage redoutable pour une exploitation commerciale : sa croissance rapide. En moyenne, il pousse de 75 à 400 mm par jour, mais certaines espèces atteignent le record de … un mètre (Phyllostachys edulis au Japon). Dès lors, la tige de bambou peut atteindre 40 mètres en 3 ou 4 mois, et arrive à maturité en 4 ou 5 ans. Ensuite, l’exploitation commerciale de ces espèces peut commencer au rythme d’une récolte tous les 2 ans, parfois jusqu’à l’âge respectable de 120 ans. On estime que sur cette durée, le bambou pourra fournir jusqu’à 45 kilomètres de perche utile (commercialement parlant).

Associées à ses étonnantes propriétés physiques, ces qualités en font une véritable ressource renouvelable, et donc un matériau d’avenir … à condition que cette exploitation reste raisonnable !

SOURCE : INBAR (Réseau international de recherche sur le bambou et le rotin)

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